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J'ai récemment  visitė les anciens abattoirs municipaux de Hongkou, rebaptisés “1933 Old Millfun”. Ce lieu frappe à la fois par son architecture avant-gardiste pour l'époque et le décallage entre l'usage d’origine et celui d'aujourd'hui. En effet, l'ancien plus grand abattoir d'Extrême-Orient est devenu un lieu de rendez-vous prisé des designers. 

 

Quand Hankou s'appelait "Little Tokyo"

imageA l’origine les quartier de Hongkou et du port de Shaxing sont particulièrement populaires, marqués par la présence toute proche des filatures de coton, fabriques de cigarettes et d’armement installées le long du Huangpu. Le secteur est celui de l'ancienne Concession Americaine fusionnée dans la Concession Internationale en 1863. A partir des années 1880 s’installe dans ce secteur une population japonaise venue chercher à Shanghai une nouvelle vie. Cette forte présence (environ 30000 ressortissants dans les années 1920) donnera à Hongkou son surnom de “Little Tokyo”. 

  

Les plus grands abbatoirs d'Asie

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Pour servir les besoins en viande de cette population, il n’existe à partir de 1881 qu’un petit abatoir en briques comprenant trois salles d’abattage et trois chambres froides. La capacité est rapidement insuffisante pour répondre à la demande.

Le Shanghai Municipal Council décide donc en 1931 de construire un nouvel abattoir dont il confie le design à l‘architecte britannique Balfours. Les nouveaux abattoirs utilisent les techniques les plus modernes de l’époque comme des machines à dépoiler les cochons, des trains mécanisés et une salle d’analyses.

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Construit en béton armé sur 4 étages, l’ensemble pouvait contenir 1000 vaches, 1700 moutons, 300 veaux et 300 cochons. La capacité quotidienne était de 300 vaches, 500 moutons, 100 veaux et  300 cochons et les chambres  froides pouvaient contenir 410 tonnes de viande. Outre la capacité, l’intérêt était surtout de pouvoir procéder au contrôle sanitaire des animaux avant l’abattage et donc de prévenir les épidémies.

En 1937, année de l'invasion japonaise, puis en 1945 à la fin de la guerre et enfin 1949, au moment de la création de la Nouvelle Chine, les abattoirs changeront plusieurs fois de mains sans jamais stopper leur activité, même si celle-ci est fortement diminuée pendant la guerre. Il fermeront définitivement en 2002.

 

Architecture innovante

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D’inspiration Art-Deco, le bâtiment imaginé par Balfours allie fonctionalité et harmonie visuelle. Ainsi, les colonnes en forme de parapluie, accroissent la place disponible tout en augmentant la portance. Des chemins séparés pour les hommes et les animaux permettent de concilier hygiène et sécurité. Ils se matérialisent sous la forme de ponts aériens aujourd’hui particulièrement prisés des chasseurs d’images (voir ci-dessus). Enfin, la façade aux formes géométriques laisse passer la lumière sur les deux derniers étages du batiment, permettant aux deux trains mécaniques à l’époque de travailler en lumière naturelle.

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Tout autour du puit central, le tri des animaux et leur mise éventuelle en quarantaine dans l’attente des résultats d’analyse est favorisé par les unités de parcage dans les différents étages et demi-étages, tout en limitant les déplacements pour le personnel (80 personnes environ) grâce aux escaliers et coursives centrales. Aujourd’hui le bâtiment est devenu le point de rencontre des événements de la mode et du design. La rénovation a commencé en 2006 et l’ouverture du nouveau lieu faite en grande pompe en 2007 par la marque Ferrari. C'est un endroit à découvrir pour les points de vues et perspectives inédites mais ce peut être le point de départ d'une visite plus complète du patrimoine américain et japonais du quartier comme j'aurai le plaisir de vous l'expliquer dans une article à venir. 

 

Si l'attrait esthétique de 1933 est totalement inédit, c'est également en tant que repère historique du passé multiculturel de Shanghai qu'il faut l'apprécier. 

 

Pour en savoir plus vous pouvez me contacter au 15021769130 ou didier.pujol@chinaworldexplorers.com  

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  Je remercie mon ami architecte Jeremy Cheval pour l'aide apportée à cet article.